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Suite à plus de 2900 plaintes (émanant d’individus originaires de 57 pays différents), le Ministère Public du Guatemala a requis l’ouverture d’une enquête concernant le meurtre d’une activiste environnementale : Topacio Reynoso

Communiqué de presse – Le 17 mai 2017

Mercredi dernier, suite aux plaintes déposées par plus de 2900 personnes, le Ministère public guatémaltèque a demandé l’ouverture immédiate d’une enquête visant à éclaircir les circonstances du meurtre de Topacio Reynoso Pacheson, jeune femme âgée de 16 ans au moment des faits ainsi que des attaques envers son père : Alex Reynoso.

Topacio était une activiste environnementaliste et jeune leader du Sud-Est du Guatemala. Elle a été attaquée par balle par une personne non identifiée le 13 avril 2013 et est morte de ses blessures le lendemain. Son père également présent ce jour là, a été grièvement blessé et a survécu à une seconde tentative d’assassinat quelques mois plus tard  en Octobre.

Le père et sa fille étaient reconnus dans la région pour être des militants pour la sauvegarde de l’environnement. Très actifs dans leur communauté, ils luttaient contre la plus grande menace environnementale dans leur région : l’exploitation de la mine d’argent par la compagnie Tahore Ressources, située à San Rafael las Flores.

« Depuis que la compagnie minière Tahore Ressources s’est installée dans la région, des douzaines de personnes défendant les droits liés à l’environnement ont été criminalisés et ont subi des violences physiques et psychologiques »

Raconte Becky Kaump, coordinatrice du réseau de solidarité avec les peuples du Guatemala (NISGUA). Le fait que le père, Alex, ait été attaqué une seconde fois a mis l’accent sur la nécessité d’ouvrir immédiatement et effectivement une enquête.

« Permettre des attaques telles que celles commises à l’encontre de Topacio et son père, sans ouvrir aucune enquête, c’est envoyer un message clair : Les criminels peuvent agir en toute impunité. L’absence de poursuites pénales encourage la répétition de ce types d’attaques et fait croitre la criminalité ».

29 organisations internationales se sont également jointes à l’appui de la demande d’ouverture d’enquête, appelant au droit à la justice pour le meurtre de Topacio et exprimant leurs préoccupations pour la sécurité d’Alex et du reste de sa famille.

Dans leur demande, les organisations mettent l’accent sur le fait que certains corps de police ont participé activement au saccagement de l’enquête en fournissant des informations clé aux personnes suspectées.

Les attaques contre Topacio et Alex sont le reflet d’un grand cycle de violence à l’égard des activistes environnementalistes.

Dans un rapport de 2015 portant sur la situation des défenseurs des droits de la personne, le rapporteur spécial de l’ONU, Michael Frost, signale l’augmentation des attaques mortelles contre les activistes environnementalistes en Amérique centrale – dont plusieurs dénoncent l’imposition de mégaprojets de développement dans leur territoire sans leur consentement.

« De la même manière que les communautés luttent pour la défense de leurs terres, de leur eau et de leurs moyens de subsistance contre l’exploitation minière, Topacio et Alex ont rejoint cette lutte en tant que père et fille »

Exprime Carle Garcia Zendejas, avocate au centre pour le droit international de l’environnement (CIEL).

« Maintenant, le regard de milliers de personnes venant de plus de 50 pays dans le monde, est tourné vers Tahoe Ressources. Et le gouvernement guatémaltèque a également agit de son côté en demandant l’ouverture d’une enquête qui permettra de responsabiliser les criminels de ces attaques ».

Pour plus d’informations, notamment pour recevoir la lettre des organisations internationales, envoyée au Ministère public Guatémaltèque, cliquez ici.