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Qu’est-ce que l’accompagnement international?

L’accompagnement international est un engagement solidaire pour la cause des droits humains et la lutte contre l’impunité au Guatemala. Dans son  application, l’accompagnement  consiste à offrir une présence étrangère non partisane et dans la non-ingérence à des communautés, des personnes ou des organismes en situation d’insécurité, dans le but de créer un espace plus sûr pour que ces militant.e.s puissent continuer à se consacrer à leurs activités et militer pour la justice sociale. L’accompagnement a également pour but de porter le message des groupes et personnes militant.e.s du Guatemala sur la scène internationale et politique, que ce soit à travers des rencontres avec les autorités guatémaltèques et internationales pertinentes, ou encore en publiant des articles sur la situation des droits humains dans ce pays. L’accompagnement est donc un moyen d’action non-violent qui a pour but d’ouvrir des espaces pour la paix et permettre à la société civile guatémaltèque de poursuivre sa quête de justice sociale sans être victime d’actes de répression.

 

Au Guatemala, l’accompagnement international a d’abord pris place au début des années 80, au plus fort du conflit armé. Toutefois, l’association qui allait devenir officiellement le PAQG a vu le jour en 1992: à cette époque, l’organisme participait à l’accompagnement du retour collectif des réfugié.e.s guatémaltèques qui avaient fui le conflit armé vers le Mexique et qui, par crainte de représailles au moment de la réintégration de leur milieu d’origine, avaient demandé une présence internationale pendant ce processus. Entre 1993 et 1999, près de 25 000 réfugié.e.s guatémaltèques ont ainsi pris part à ces retours collectifs et environ 65 accompagnateurs et accompagnatrices bénévoles du Québec et du Canada les ont soutenus dans cette démarche, en offrant leur présence dans les communautés de réfugié.e.s retournés.

Depuis 1998, l’accompagnement international s’est réorienté en fonction des demandes des organisations et les défenseur.e.s des droits humains qui reçoivent des menaces et intimidations du fait du travail qu’ils et elles effectuent. Le PAQG accompagne présentement des défenseur.e.s de droits humains impliqué.e.s dans des cas de justice transitionnelle et de défense du territoire.

La présence visible d’observateurs et d’observatrices dans les activités pour lesquelles l’accompagnement est demandé agit comme élément dissuasif envers les forces ou individus qui seraient tenté.e.s de commettre des violations contre les militant.e.s des droits humains et les victimes de la guerre dans leur lutte contre l’impunité. L’accompagnement offre ainsi un appui moral et une certaine protection aux gens qui se sentent menacés.

 

Trois principes guident le travail d’accompagnement international. Il s’agit de la non-ingérence, de la non-partisanerie et de la non-violence. La non-ingérence signifie que les accompagnateur.trice.s n’accompagnent un groupe militant ou une personne, que lorsque celui.celle-ci a clairement demandé qu’on l’accompagne. Cela implique aussi que les accompagnateur.trice.s ne participent pas directement aux activités qu’ielles accompagnent et ne participent pas aux processus de prises de décision des groupes accompagnés. Le principe de non-violence signifie que l’accompagnement n’accompagne pas de groupes employant des moyens violents pour atteindre leurs objectifs.  Finalement, le principe de non-partisanerie signifie que les accompagnateur.trice.s occupent une position indépendante des conflits qu’ils observent. Cependant, ielles se positionnent toujours en faveur du respect des droits humains.