Inquiétudes concernant le déroulement du nouveau procès contre Rios Montt.

Plusieurs organisations internationales ont manifesté leurs inquiétudes quant au déroulement du nouveau processus judiciaire entamé contre l'ancien dictateur Efraín Ríos Montt et l'ancien directeur de l'intelligence militaire José Maurício Rodriguez Sánchez, qui se déroule dans un tribunal de fort impact uniquement en présence d’observateurs internationaux et des parties prenantes, sans la présence du public ou de la presse.

Photo: archives de Mimundo.org

Le procès pour génocide et crimes contre l'humanité ayant débuté mercredi le 16 mars, avec presque deux années de retard, à la Cour de Risques élevés B, prend une tournure alarmante après qu'une série d'évaluations médicales aient déterminé l’impossibilité pour Rios Montt de suivre un procès ordinaire en raison de sa démence sénile.

La Cour a ordonné que le processus se déroule sans la présence des médias ou du public, et que les deux accusés subissent le même procès, bien que leur situation soit différente. Les organisations ont fait valoir qu'en vertu de la loi guatémaltèque, Rodriguez Sánchez et Rios Montt devraient être jugés différemment.

Un recours a été entrepris contre la décision du tribunal, sans pourtant obtenir gain de cause. Les audiences continuent de se dérouler à huis clos. La publicité entourant le procès est un mécanisme établi non seulement pour faire connaître la vérité, mais aussi pour que les citoyen-ne-s et la communauté internationale puissent analyser et s'interroger sur la façon dont le processus se développe ainsi que sur l'implication des parties prenantes; souligne Jo-Marie Burt, conseillère du Bureau de Washington sur l'Amérique latine (WOLA) et observatrice internationale au procès. Burt mentionne que l’interdiction d’accès au public et à la presse limite considérablement la connaissance du déroulement du procès pour la société guatémaltèque et la communauté internationale.

Leonor Arteaga, gestionnaire du programme de la Fundación para el Debido Proceso (DPLF), se dit préoccupé que le débat reprenne sans que la nouvelle accusation adressée par la défense de Ríos Montt contre la juge Irma Jeannette Valdés, actuelle présidente du tribunal, soit éclaircie; une décision qui pourrait avoir comme impact une autre annulation du procès.

Les deux militaires retraités sont accusés de crimes de génocide et de crimes contre l'humanité, de l'assassinat de 1 771 membres de l'ethnie Ixil durant le conflit armé interne. Le premier procès pour cette affaire a eu lieu en 2013 et le 10 mai de cette même année, un tribunal a condamné Ríos Montt à 80 ans de prison, alors que Rodríguez Sánchez a été acquitté. La condamnation fut annulée 10 jours plus tard par la Cour Constitutionnelle (CC) pour des erreurs allégués au procès.

Article de presse original paru en espagnol : http://cerigua.org/article/preocupa-curso-que-ha-llevado-nuevo-juico-contra-r/

Source: CERIGUA : Centro de Reportes Informativos sobre Guatemala