La Puya: 3 ans de résistance

par Paule Portugais

Depuis le 2 mars 2012, la communauté de La Puya de la région de San Pedro Ayampuc se mobilise de manière non-violente afin de stopper le projet minier El Tambor. En bloquant l’entrée du site minier, les opposant-e-s de La Puya défendent leurs droits d’accès à l’eau, à la vie et au bien-être de leur communauté qui sont maintenant en péril depuis les débuts de l’exploitation minière sur leur territoire.

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Photo: Guatemala Human Rights Commission

L’année passée, une éviction violente de la part du gouvernement, avec gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes, fit près d’une vingtaine de blessés  dont deux de manière sérieuse. Or, cette répression ne réussit pas à faire taire le mouvement de contestation et les citoyen-ne-s de La Puya persistent à demander au gouvernement guatémaltèque un dialogue transparent, dans le but de faire valoir leurs droits.

En février passé, un tribunal a acquitté les quatre leaders communautaires de La Puya accusés d’avoir empêché de travailler pendant plusieurs heures des employés de la mine en 2013. Le véhicule des travailleurs aurait été retenu par des membres de la communauté implorant  ces derniers de cesser d’œuvrer pour la compagnie minière, en solidarité avec la communauté qui n’avait jamais été consultée pour l’exploitation de son territoire. Le ministère public demandait une sentence de cinq ans pour chacun d’eux pour les délits commis. Leur acquittement est une excellente nouvelle pour la communauté et démontre la légitimité de leurs actions pacifiques.

 

En solidarité aux 3 ans de lutte acharnée de la communauté La Puya contre le projet minier El Tambor au Nord de Guatemala Ciudad, vous êtes invité-e-s à signer la pétition demandant aux compagnies Kappes Cassiday et associés ainsi que la compagnie canadienne Radius Gold basée à Vancouver de cesser toute activité minière et de favoriser le dialogue et la non-violence entre le gouvernement guatémaltèque et les citoyen-ne-s de la communauté de La Puya. Cliquez ici pour accéder à la pétition en ligne lancée par Guatemala Human Rights Commission.

 

 

« En plus de la destruction et la pollution environnementale, on a vu apparaître la violence, la méfiance, la division sociale et le conflit. Dans ce cas en particulier, car la filiale locale, Exmingua, gérée par des militaires à la retraite, a beaucoup d’expérience dans certaines régions et une façon très particulière de procéder. Ce petit style a bien été observé quand les chants religieux des femmes au premier plan de la résistance ont rendu fou le gérant des opérations minières Silas Orozco, et lui ont fait perdre les pédales quand il a constaté que les femmes ne réagissaient pas à ses provocations ». Magali Rey Rosa, Prensa Libre, 27 février 2015