Rapport 2011 sur la situation des défenseurs des droits humains: commentaire

2011 : Une période difficile pour les défenseurs des droits humains

 

L'Unité de protection des défenseurs des droits humains au Guatemala a présenté son rapport annuel 2011 sur la situation vécue par les personnes qui consacrent leur vie à la préservation de ces droits.

Claudia Samayoa, de Udefegua, a rapporté que, chaque année, et à chaque fin de mandat, l'institution soumet son rapport sur ​​la situation des militants des Droits de l’Homme vécue durant ces périodes. Ainsi, elle a déclaré que « l’année 2011 [avait] été la plus violente jusqu’alors ».

Samayoa a aussi avoué que l'année dernière il y avait eu 402 attaques contre ces défenseurs, ce qui représente une augmentation de 80 cas par rapport à l’année 2010.

Sur toute la durée du mandat d'Alvaro Colom, le nombre d'attaques contre ces militants a atteint les 1224.  À la différence, au cours du mandat d'Oscar Berger, ces attaques ont été au nombre de 618 et, durant celui de Alfonso Portillo, de 338.

Quant aux causes de la montée de violence, Samayoa a accusé Colom «d’avoir fait réprimer la résistance des communautés et contrôler les journalistes durant son mandat pour ne pas avoir à s’attaquer aux conflits de terre. Ceci avait d’ailleurs été très clairement exposé au cours de la dernière élection.»

Elle a également ajouté que le gouvernement «a échoué dans la création d’un programme de protection des défenseurs des Droits de l’Homme», puisqu’au final « celui-ci est très fragile ». Toutefois, il y a eu du progrès au niveau des poursuites pénales grâce au soutien de la CICIG, puisque 2% des cas ont été jugés, à la différence des mandants de Berger et Portillo « où l'impunité était de 100% ».

En 2011, il y a eu 19 assassinats de défenseurs des droits humains.  Un seul de ces meurtres a été élucidé et condamné : celui du juge Eddy Rodríguez Cáceres, de Petén. Selon Samayoa, «il y a un certain avancement en matière de poursuites pénales, mais il est très clair que ce n’est pas suffisant."

Quant aux mécanismes de protection des droits humains, Samayoa a déclaré qu’il n'a pas été possible de mettre en place des mesures telles que les téléphones satellites pour les communautés éloignées et vulnérables aux attaques du crime organisé, ou des mécanismes de protection de l’information, puisqu’ «aucun cadre juridique ne le permet" .

Par ailleurs, Samayoa a fait part de ses préoccupations quant aux cas de diffamation soulevés contre les défenseurs des Droits de l'Homme à la fin de l’année dernière et, plus précisément, à la plainte déposée par Théodore Plocharski contre 52 présumés ex-guérilleros.

Parallèlement à la fin de mandat du gouvernement, certaines personnes ont réussi à se hisser à des postes de dirigeants d'organisations de la société civile et de droits humains, et ainsi elles ont pu contribuer à leurs avancées.

Toutefois, le problème est, qu’ « au final, le gouvernement est plus important que la proportion même réservée aux droits humains".

Mais ceci est une chose. L'autre est notamment de s'occuper du conflit agraire, d’étudier les problèmes environnementaux et de développement rural, et d’« un gouvernement n’apporte aucune aide et ne collabore pas non plus ».


Samayoa a ainsi conclu que «la plus grande victime de ces gouvernements a été les syndicats de paysans durant le mandat de Berger ».

 

Vendredi 6 janvier 2012

PAR LUIS ARÉVALO