BULLETIN AVRIL 2014

BULLETIN AVRIL 2014

AU MENU:

-ACTION URGENTE : Les communautés en résistance de La Puya sous haute tension

-La campagne Le Fil de l'Argent se poursuit!

-Agir pour les droits : impliquez-vous!

-Un retour sur l'année 2013 : bilan et nouvelles données

-Les abus des sociétés extractives dénoncés à la Chambre des communes

-Au royaume de l'impunité : suspension de la juge Barrios

-Vigile le jeudi 24 avril : triste anniversaire du drame de Rana Plaza au Bangladesh






 

 

 

ACTION URGENTE : Les communautés en résistance de La Puya sous haute tension

Près de la municipalité de La Puya, au Nord de la capitale, les communautés en résistance pacifique contre le projet de la compagnie minière Kappes, Cassiday & Associates (KCA) subissent des menaces et de l’intimidation de la part des forces policières. Alors que celles-ci avaient célébré leurs deux ans de résistance en mars dernier, tout porte à croire que le campement érigé pour bloquer l’accès au site minier pourrait être la cible d’une éviction violente dans un avenir rapproché.
Durant la matinée du 9 avril, des employés de KCA sous forte escorte policière ont tenté de faire entrer de la machinerie lourde sur le site minier. La résistance les a forcés à retirer la machinerie, mais deux représentants de la compagnie sont restés sur les lieux. Au cours de la journée, la présence policière s’est considérablement accrue. Vers deux heures de l’après-midi, on dénombrait environ 300 agents, dont plusieurs portant un uniforme anti-émeute, massés près du campement. Bien qu’aucun mandat d’arrêt n’ait été émis, l’objectif poursuivi est clairement d’intimider la population locale qui s’oppose pacifiquement au projet minier.
Plusieurs groupes œuvrant à la défense des droits humains au Guatemala ont fait un appel à l’action en suggérant de contacter les dirigeants de KCA et le Ministère de l’intérieur du Guatemala afin de dénoncer de telles mesures de militarisation et d’intimidation. Le PAQG vous invite à participer à l'action urgente, laquelle contribuera également à avertir le gouvernement guatémaltèque et l’entreprise KCA de la vigilance du réseau de solidarité internationale par rapport au cas de La Puya.
ACTION URGENTE


La campagne le Fil de l’Argent
se poursuit!

Articles dans le journal des alternatives, entrevues dans plusieurs radios, visite de Rafael Maldonado… Le PAQG est très actif dans les médias et réseaux sociaux!
La Campagne est bel et bien lancée et la visite de Rafael Maldonado, a permis aux gens d’ici de mettre un visage et d’entendre de vive voix les effets de l’industrie extractive canadienne au Guatemala. Le lien financier est rendu visible par notre campagne et les gens se montrent enclins à transformer leur indignation en action concrète pour tenter de changer la situation.
 
Et vous y avez-vous participé? Avez-vous signé les pétitions et utilisé les autres outils de désinvestissement en ligne? En avez-vous parlé à vos proches ? C’est ici que ça se passe !
 
De notre côté, nous poursuivons les ateliers de désinvestissement ; plusieurs sont prévus en avril et mai, notamment le lundi 28 avril à Québec. La programmation pour l’automne est prometteuse, nous prévoyons intervenir principalement auprès des étudiants  des Cegeps et Universités du Québec.
 
Le PAQG sera présent au Bar Populaire  pour la diffusion du documentaire Le business de l’or au Guatemala de Grégory Lassalle & Marcos Pérez. Le mardi 22 avril à 19h00 dans le cadre du cycle de documentaires  organisé par le Tribunal Permanent des Peuples. Venez nous y rencontrer!
PASSEZ À L'ACTION


Agir pour les droits: Impliquez-vous!


Le PAQG est doté d'un bassin de personnes intéressées à donner un coup demain, lesquelles font partie de notre liste d'envoi "Appui" ! Si vous voulez vous impliquer des fois, un tout petit peu, pas mal, beaucoup, passionnément ou à la folie, écrivez à communications@paqg.org pour être inscrit-e à cette liste. Vous recevrez parfois des possibilités d'implication de tous genres: suivis d'actualité, comité ad-hoc, hébergement solidaire d'activistes, projets spéciaux, organisation d'événements, etc.


Un retour sur l’année 2013 : bilan et nouvelles données

La Haute Commission des Nations-Unies pour les droits humains au Guatemala, et l’UDEFEGUA ont publié récemment leurs rapports respectifs sur la situation des droits humains en 2013. Malheureusement, dix-sept ans après la signature des Accords de paix mettant fin à près de trente-six ans de conflit armé, le Guatemala reste toujours un pays instable sujet à de nombreux maux. Le PAQG vous invite à consulter ce bref bilan
Les inégalités sociales dont les populations autochtones sont les premières victimes, ne cessent d’augmenter et entrainent une situation d’extrême pauvreté, et de malnutrition chronique dans de nombreuses communautés rurales. Le droit à la justice se heurte toujours à l’impunité régnant au Guatemala et à de nouvelles attaques contre les protagonistes de la justice pour génocide. Une lueur d’espoir avait pourtant été amorcée avec le procès contre l’ancien président Efraín Ríos Montt et l’ancien chef militaire José Mauricio Rodríguez Sánchez pour génocide et crimes contre l’humanité. Néanmoins, l’annulation du procès seulement dix jours après la condamnation de l’ancien dictateur prouve une fois de plus que le Guatemala reste le pays de « l’éternelle impunité ».
 
La violence qui sévit au Guatemala demeure un problème majeur. Les statistiques montrent qu’entre 2012 et 2013, le nombre d’homicides a augmenté de 4,3% à 6,5%. Pour leur part, les fémicides ont également augmenté, passant de 17% à 26%. De plus, 81% des homicides sont commis avec des armes à feu, pour une moyenne mondiale de 42%, faisant ainsi du Guatemala l’un des pays les plus violents au monde.
 
En corrélation avec cette violence constamment présente, la situation des défenseur-e-s des droits de la personne au Guatemala en 2013 est catastrophique. Le nombre d’exactions a quasiment doublé entre 2012-2013, passant de 305 à 657. Les principales victimes sont les personnes et organisations luttant pour la justice et contre l’impunité, les environnementalistes et les populations autochtones.
Les rapports indiquent que les projets énergétiques et extractifs sont une des principales sources de tension au Guatemala. En mai dernier, l’Etat de siège a été déclaré dans quelques municipalités des départements de Jalapa et de Santa Rosa. Les conflits sociaux ont comme dénominateur commun le manque d’informations et de consultation des populations autochtones et communautés locales affectées par de tels projets, mais aussi la répression des organisations et personnes s’opposant à ceux-ci.






Les abus des sociétés extractives dénoncés à la Chambre des communes

Le sujet des abus des minières canadiennes a récemment été soulevé à la Chambre des communes avec le dépôt d’un nouveau projet de loi sur la responsabilité sociale des sociétés extractives à l’étranger par la députée néo-démocrate Ève Péclet, le 31 mars dernier. «Les compagnies extractrices reçoivent souvent des subventions et des appuis du gouvernement canadien, c’est donc normal qu’elles doivent être redevables lorsqu’elles sont à l’étranger », a-t-elle déclaré.
Déplorant le manque de pouvoirs et de moyens du Bureau du conseiller en responsabilité sociale d’entreprise (RSE), les néo-démocrates voudraient créer un poste d’ombudsman en matière de RSE, qui serait doté d’un pouvoir d’enquête sur les plaintes, émettrait des recommandations au gouvernement et proposerait des sanctions à l’encontre des entreprises fautives. D’autres projets de loi visant à instaurer une reddition de compte ou ouvrir l’accès des tribunaux canadiens aux victimes des minières à l’étranger, tels que le C-300 et le C-354, n’ont pas réussi à ce jour à apporter un changement à la situation. Malgré tout, cette nouvelle tentative ajoute un levier politique à la lutte pour le respect des droits humains et ne manquera pas de contribuer à l’ébruitement des abus des sociétés minières canadiennes et à alerter l’opinion publique!


Au royaume de l’impunité : Suspension de la juge Barrios

Le 4 avril dernier, la juge Yassmin Barrios a été suspendue de ses fonctions pour une période d’un an par le Collège des avocats et notaires du Guatemala (CANG). Elle était à la tête du tribunal qui, en mai 2013, avait reconnu coupable l’ex-dictateur Efrain Rios Montt de génocide et l’avait condamné à 80 années de prison. Cette suspension est le résultat d’une plainte déposée par Moisés Galindo, l’un des avocats de Montt, qui allègue que la juge aurait commis des fautes d’éthique, notamment en « humiliant publiquement » la défense durant le procès.
Ce jugement s’inscrit dans un contexte extrêmement tendu. Depuis les avancées – et les reculs! – dans les processus judiciaires contre Montt et d’autres responsables du génocide, le système judiciaire guatémaltèque fait l’objet de nombreuses pressions et obstacle visant à faire perdurer l’impunité. Souvenez-nous que certaines parties du procès de Rios Montt ainsi que la condamnation avaient été annulées, et que la Cour constitutionnelle a confirmé en février dernier l’abrègement précipité du mandat de la Procureure générale Claudia Paz y Paz.
Suite à sa suspension, la juge Yassmin Barrios a déclaré que cette décision était injuste, illégale, et dépassait la juridiction du CANG, qui aurait du s’en remettre plutôt au conseil disciplinaire pour juger de ses prétendues fautes d’éthique. De nombreuses organisations guatémaltèques de défense des droits humains, de même que la Fédération internationale pour les Droits Humains et la Commission Internationale des Juristes ont condamné la suspension de Mme Barrios, considérant qu’il s’agit dans les faits d’une nouvelle attaque contre le système de justice, visant à maintenir l’impunité.


MANIFESTATION-VIGILE DU JEUDI 24 AVRIL

Le PAQG vous invite à participer à cette action solidaire organisée par l'AQOCI, en commération du drame de Rana Plaza au Blangadesh. Diffusez l'information dans vos réseaux avec l'événement facebook!

JEUDI 24 AVRIL 2014
de 12 h à 13 h
6700 chemin de la Côte-des-Neiges
Devant l’entrée principale de Plaza Côte-des-Neiges sous l’enseigne de Walmart
(Métro Côte-des-Neiges à 10-15 minutes de marche; stationnement à l’arrière via Barclay ou Légaré)