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La participation de la femme autochtone dans les réformes constitutionnelles au Guatemala

La participation de la femme autochtone dans les réformes constitutionnelles au Guatemala

Au Guatemala, plusieurs systèmes de justice propres aux peuples autochtones coexistent. On trouve le système maya, le xinka ainsi que le garifuna, et ce, en plus du système de justice ordinaire. Ce dernier définit le cadre du dialogue national pour les réformes constitutionnelles en matière de justice et détermine donc si la participation de la femme dans ces processus peut être visibilisée.

 

L’association Abogados y Notarios Mayas de Guatemala NIM AJPU, formée de professionnels des sciences juridiques et sociales, est une référence en terme d’actions qui contribuent à socialiser, informer et former la population sur le pluralisme juridique. Dans le processus des réformes constitutionnelles, cette organisation accompagne les autorités autochtones du pays dans leur participation dans les tables de dialogue et de débat au niveau régional et national qui ont terminé avec la présentation d’une proposition aux trois organismes de l’État; l’exécutif, le législatif et le judiciaire.

 

Selon l’avocate Saknicte Racancoj Sierra, de l’association des avocats Nim Ajpu, ce processus consistait en un espace où les autorités ancestrales, ont exprimé devant différents secteurs de la société, validité et la façon de faire de la justice propre aux peuples autochtones sur leurs territoires. Système qui est d’ailleurs pratiqué depuis des temps ancestraux, donc bien avant l’apparition de la justice ordinaire telle qu’on la connaît. Lors des tables de débats, l’emphase a été mise sur l’article 203 de la Constitution guatémaltèque qui parle de la reconnaissance du pluralisme juridique.

 

“En tant que femme, autochtone et avocate, ça n’a passé té facile de faire connaître la coexistence des systèmes juridiques autochtones et du système ordinaire” commente la maître Racancoj. Il y a beaucoup de professionnels du droit qui n’approuvent pas le droit autochtones. En effet, dans la formation académique des juristes, on ne présente que le système de justice le plus connu, soit le système ordinaire qui se trouve dans les normes imposées par l’État. C’est à travers les litiges que la Cour de constitutionnalité accordé une certaine reconnaissance aux autorités autochtones dans la jurisprudence de l’État guatémaltèque. Elle conclue en affirmant qu’ “en tant qu’avocate, je dois utiliser les outils de l’État pour défendre les droits des peuples autochtones”.

 

Dominga Vásquez, ancienne mairesse de la mairie autochtone de Sololá, nous partage qu’une aussi faire appliquer la justice. “Chaque peuple en accord avec son territoire a la responsabilité de choisir des autorités, qu’elles soient hommes ou femmes. C’est la communauté qui propose et choisit celle ou celui qu’elle considère comme étant adéquat pour montrer l’exemple et qui peut appliquer la justice”. La personne qui applique la justice, dans le système propre aux peuples, cherche à réconcilier, réparer à travers les diverses étapes du dialogue, de la consultation et du consensus.

 

Pour la représentante de l’association et l’ancienne mairesse de la mairie autochtone de Sololá, le processus des réforme a pour but que l’État et la société reconnaissent un système propre aux peuples autochtones, tout en visant le renforcement du système juridique ordinaire, afin de réellement contribuer à la construction d’un meilleur pays.

 

Pendant que débats autour des réformes continuent dans le congrès de la République, les autorités autochtones et l’association d’avocats continueront de réaliser des actions afin que le pluralisme juridique au Guatemala sorte du silence.