Bulletin de février 2014


BULLETIN FÉVRIER 2014

  • Mobilisé-e-s contre les crimes extractifs
  • Nouvelles du PAQG au Nord: changements à la coordination
  • Café Justicia
  • Nouvelles du Guatemala

 

 

À VOS AGENDAS! Le PAQG vous invite à une soirée incontournable :
Mobilisé-e-s contre les crimes extractifs

Le jeudi 27 février prochain aura lieu au bar l’Alizé une soirée ENGAGÉE et FESTIVE qui sera l’occasion de découvrir différentes mobilisations concernant l’industrie extractive à l’agenda pour l’année 2014.
Ne manquez pas le lancement de la campagne d’éducation et de mobilisation Le Fil de l’Argent, par laquelle le Projet Accompagnement Québec Guatemala invite le public québécois et canadien à désinvestir des compagnies minières Goldcorp et Tahoe Resources. Le PAQG entamera dès la fin février une tournée, présentant à travers le Québec et au-delà une série d’ateliers publics sur les minières canadiennes au Guatemala et le désinvestissement comme moyen d’action.
Ce sera également la chance de faire connaissance avec le Tribunal Permanent des Peuples sur l’industrie minière canadienne, initiative qui a pour fondement le droit à l’autodétermination des peuples. Le Tribunal, au cours des années 2014 et 2015, convoquera témoins et experts pour juger des exactions commises par l’industrie minière canadienne dans diverses régions du monde.  Quant à lui, le Projet Accompagnement Solidarité Colombie présentera Trous de mémoire, un projet de théâtre-forum sur les mines et le pétrole qui invitera le public à réfléchir à l'extractivisme à travers une série d’interventions dans des communautés du Québec.
Les artistes de l’Ensemble Acalanto, des Mains Rouges, de Darundai et de Lengaia Salsabrava nous ferons le plaisir d’agrémenter cette soirée de musique, de danse et de performance envoûtante!

 : Bar l’Alizé, 900 rue Ontario Est
QUAND : Jeudi 27 févier 2014, 19h30
Entrée libre! Rejoignez l'événement facebook

Nouvelles du PAQG au Nord

Il y a, encore une fois, du changement au bureau du PAQG. Je dois malheureusement quitter mes fonctions de coordonnateur et je passe le flambeau à la nouvelle coordonnatrice du PAQG : Laurence Guénette.

Laurence est bachelière en relations internationales et droit international, diplômée de l’UQAM depuis décembre 2013. Elle œuvre déjà à titre de chargée de projet pour le PAQG depuis octobre 2013, pour la campagne Le Fil de l’Argent.

Laurence est une proche collaboratrice du PAQG depuis 2006. Elle a accompagné au Guatemala à deux reprises : dans la région Ixil en 2007 et dans l’équipe mobile en 2009, pour un total de 12 mois d’accompagnement. Elle a été impliquée de près dans le PAQG pendant des années, siégeant parfois sur le Conseil d’Administration, coordonnant la revue d’actualité à d’autres occasions, et participant durant les dernières années au recrutement et à la formation des accompagnatrices et accompagnateurs. Elle a également été impliquée dans la Plateforme de Solidarité avec les Chiapas et le Guatemala à Madrid, avec le Collectif No Mas Muertes aux États-Unis, avec la Clinique Internationale de Défense des Droits Humains de l’UQAM ainsi que dans le mouvement étudiant en 2012.

J’ai été très heureux de passer les derniers mois au bureau du PAQG. J’y ai fait de très belles rencontres, j’ai participé à des événements enrichissant et j’ai énormément appris de nos membres et de nos alliés dans la défense des droits humains. Je continuerai à m’impliquer et à promouvoir le travail du PAQG. Je vous invite à nous contacter et à suivre nos fils d’actualité et nos événements. La défense des droits humains au Guatemala demeure une grande priorité.

Le Café Justicia provoque l’enthousiasme partout où il est bu!

Depuis la fin 2013, le PAQG distribue avec Solidarité Laurentides Amérique Centrale (SLAM) et Santropol  le Café Justicia, produit par le Comité Paysan de l’Altiplano au Guatemala (CCDA). Le Comité Paysan lutte depuis les années 1980 contre l’exploitation économique et l’injustice agraire. Le Café Justicia, en plus d’offrir une rémunération juste aux producteurs, contribue au financement des activités politiques entreprises par le CCDA. Au-delà du commerce équitable ordinaire, ce café finance la promotion des changements structurels qui sont nécessaires à l’établissement d’une réelle justice sociale au Guatemala! Visionnez la courte entrevue avec Leocadio Juracan pour comprendre la mission du CCDA.

Pour vous procurer du Café Justicia, passez au bureau du PAQG ou faites nous signe! Il est aussi possible de nous commander de plus grandes quantités pour partager dans vos milieux! Corsé ou velouté, disponible en grains, moulu pour filtre, pour cafetière « stove-top », ou pour espresso, à 12 $ la livre.
                                                                                                           

Nouvelles du Guatemala

Procureure Claudia Paz y Paz :
« Elle ne sera pas seule, parce qu’elle ne nous a pas laissé-e-s seul-e-s! »

Le 5 février dernier, la Cour constitutionnelle du Guatemala a statué que Claudia Paz y Paz, qui occupe le poste de Procureure générale depuis 2010, devrait se retirer au mois de mai, soit sept mois plus tôt que la fin officielle de son mandat prévue en décembre 2014. La Cour a justifié sa décision par un détail d’ordre technique : puisque Paz y Paz avait accédé à son poste quelques mois plus tôt étant donné le départ précipité de son prédécesseur, son mandat sera échu plus tôt. Paz y Paz a porté cette décision en appel, mais celui-ci a été rejeté dès le 7 février.
Au cours des dernières années, Paz y Paz a entrepris des réformes en profondeur du système de justice guatémaltèque afin de mettre fin à l’impunité depuis son arrivée au poste de Procureure générale, ce pour quoi elle fut nominée pour le Prix Nobel de la paix 2013. Elle a vigoureusement combattu l’influence du crime organisée et a joué un rôle primordial dans la poursuite pour génocide contre Rios Montt. Plus récemment, elle menait des enquêtes sur les liens entre le crime organisé et le financement des partis politiques. Cet abrègement du mandat de Paz y Paz est un signe éloquent de la politisation du système de justice guatémaltèque. Il constitue la suite d’une série de manœuvres destinées à la faire taire. À la fin de 2013, deux juristes ayant soutenu que son mandat devrait s’étendre jusqu’à la fin de l’année 2014 avaient perdu leur emploi.
Cette intrusion politique se déroule dans un contexte extrêmement tendu. 2014 sera une année critique pour le système de justice guatémaltèque, alors que seront nommés non seulement un nouveau Procureur général, mais également de nouveaux juges pour la Cour suprême. Ces processus de nominations judiciaires font déjà l’objet d’une forte politisation. Ainsi, des écoles de droit n’existant que sur papier auraient été créées dans le seul but de désigner des doyens qui auront un droit de vote dans ces nominations.
Ceci dit, plusieurs organisations luttant pour la récupération de la mémoire historique et la justice pour génocide ont entrepris d’affirmer haut et fort leur soutien à Madame Paz y Paz, qui culminera avec une manifestation d’appui prévue le 25 février prochain, à l’occasion de la Journée nationale de dignité pour les victimes du conflit armé interne.

Assassinat de Juan Tuyuc

Le leader autochtone Juan Tuyuc, frère de l’ex-députée Rosalina Tuyuc, a été assassiné durant la nuit du 15 au 16 janvier dans les environs de la municipalité de Sololá. Son corps a été retrouvé aux abords de la route interaméricaine durant la matinée. Il a été vu pour la dernière fois à Santiago Atitlán, où il s’était rendu pour rencontrer des responsables locaux le 15 janvier. Militant de longue date pour la défense des droits autochtones, il avait dû s’exiler plusieurs années durant la guerre civile, pour revenir lors des Accords de paix de 1996. Ce crime témoigne du climat de répression qui règne à l’endroit des défenseur-e-s des droits humains au Guatemala. De nombreux groupes communautaires ont réclamé une enquête efficace et transparente auprès des autorités publiques et de la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (CICIG)

Poursuite-bâillon de l’entreprise Cementos Progreso contre une journaliste guatémaltèque

Depuis deux mois, plusieurs groupes communautaires dénoncent la poursuite civile intentée par l’entreprise Cementos Progreso contre la journaliste Francisca Gómez Grijalva. Chroniqueuse pour la Prensa Libre, elle avait dénoncé en février 2013 les fortes tensions sociales engendrées par la construction d’une usine de ciment à San Juan Sacatepéquez. Elle est l’une des rares femmes autochtones occupant un poste de journaliste dans un grand média au Guatemala. Cette poursuite-bâillon témoigne des limites qui contraignent la liberté d’expression au Guatemala. Le 17 janvier dernier, le Programme d’opinion publique de l’Université Rafael Landívar publiait ainsi les résultats d’un sondage d’opinion où la vaste majorité des répondants considéraient que cette liberté est inexistante au Guatemala.

Violence, criminalité et répression

De passage au Guatemala, Heraldo Muñoz, directeur du Bureau régional du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) pour l’Amérique latine et les Caraïbes, a reconnu la sévérité des problèmes de criminalité dans le pays tout en remettant en cause l’efficacité des politiques de mano dura (main ferme) adoptées par le Président Pérez Molina, en fonction depuis janvier 2012. Muñoz a notamment souligné que la réduction de la criminalité passerait avant tout par une croissance économique inclusive et équitable, de même que par une réforme en profondeur du système de justice qui mettrait fin à l’impunité, davantage que par une politique purement répressive. Cette visite se déroule dans un contexte où le nombre de morts violentes a connu une augmentation importante au Guatemala. Du 1er janvier au 30 novembre 2013, 4838 morts violentes ont été dénombrées, soit 127 de plus que durant la même période en 2012, selon l’Institut national de sciences légales. Le Guatemala étant aux prises avec l’un des plus graves problèmes de féminicide au monde, les femmes sont les plus touchées par cette croissance des crimes violents. Une étude récente du Grupo Guatemalteco de Mujeres (GGM) conclue que l’année 2013 s’est soldée avec une augmentation de 10% des mortes violentes touchant les femmes.