Des organisations des Amériques déclarent le 1er août 2012 Journée continentale de mobilisation contre l’industrie extractive canadienne à grande échelle

Communiqué de presse - Pour diffusion immédiate

Des organisations des Amériques déclarent le 1er août 2012 Journée continentale de mobilisation contre l’industrie extractive canadienne à grande échelle

Montréal, le 31 juillet 2012. –Du Canada à l’Argentine, plus d’une quarantaine d’organisations lancent un appel à une journée continentale contre l’exploitation extractive canadienne à grande échelle ce 1er août 2012 afin d’exiger la fin des pratiques minières destructives et injustes. Au Québec, le Projet Accompagnement Québec-Guatemala (PAQG) et le Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL) ont joint le mouvement en organisant une manifestation le 1er août à 17h au 2055 Rue Peel à Montréal et à 14h à Québec devant l'Assemblée nationale.

Pourquoi le Canada?

·    60% des compagnies minières publiques dans le monde sont enregistrées à la Bourse de Toronto (TSX). Ces entreprises possèdent des investissements dans plus de 3200 projets, et ce, dans plus de 100 pays. Le Canada est le plus grand joueur de l’industrie extractive dans les Amériques, avec 37% des investissements totaux. "Le Canada est d'ailleurs responsable d'un conflit socio-environnemental sur trois dans le monde."

·    Les opérations minières canadiennes causent d’importants impacts sur les territoires, les communautés et la vie. Elles provoquent souvent le déplacement de communautés et la destruction de l’environnement. Les activités minières compromettent la sécurité alimentaire et l’accès à l’eau en plus d’occasionner des problèmes chroniques de santé humaine. De plus, leur présence est synonyme d’accaparement de territoires ancestraux et de violation des droits des peuples autochtones. Les entreprises minières sont souvent associées à des violations de droits humains (dont des assassinats) et à l’émergence de conflits intra-communautaires, et elles contribuent à la criminalisation de mineurs artisanaux, de syndicats, ainsi que d’activistes environnementaux et communautaires. De plus, les activités minières engendrent la perte irréversible de la biodiversité.

·  L’industrie extractive à grande échelle est largement promue par les compagnies minières, les gouvernements, les institutions internationales (comme la Banque mondiale), qui la présentent comme du développement durable et camouflent souvent ses effets tragiques sous la façade de la « responsabilité sociale des entreprises ». Les vagues promesses d’emploi, de croissance économique nationale et de développement sont largement insuffisantes pour compenser les lourds impacts négatifs à long terme que subissent les communautés, sur le plan environnemental et social.

Ce que nous exigeons :

-   Désinvestissement. Le retrait du Fonds de pension du Canada des investissements finançant les entreprises extractives. L’ajout de fonds publics investis dans des programmes sociaux pour l’éducation gratuite, le logement abordable et les soins de santé universels.

-   Réglementation. La mise en place par le gouvernement canadien d’une législation établissant des normes de reddition de comptes pour les compagnies œuvrant à l’étranger. Cette législation doit pénaliser les entreprises impliquées dans des violations de droits humains et permettre aux ressortissants étrangers d’entreprendre des actions légales pour dommages et réparations dans des cours canadiennes.

-   Fin de la complicité. La fin de l’utilisation des institutions publiques canadiennes pour l’organisation des campagnes de relations publiques de haut niveau des compagnies extractives (tels que le Musée de l’histoire naturelle d’Ottawa, le financement par les minières de l’Université Simon Fraser, l’Université de Toronto, l’Université York, ainsi que les projets financés par l’Agence canadienne de développement international et l’Initiative Devonshire).

-        Mécanismes de consultation obligatoires. Le respect par les gouvernements et tribunaux des droits collectifs reconnus internationalement, tel que le droit au consentement préalable, libre et informé des peuples autochtones affectés par les activités extractives.

-        La vie avant le profit. La fin des accords de libre-échange et d’investissements bilatéraux qui protègent le droit des corporations au détriment des droits individuels et collectifs.

Parmi  la quarantaine d’organisations endossant la Journée continentale, notons le Syndicat des Métallos, Mining Watch, le PASC  le PAQG, le CDHAL ainsi que de nombreux groupes des États-Unis, Argentine, Mexique, Colombie, Espagne, Pérou, Costa Rica, El Salvador et Équateur.

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Contact médias :
Marie-Dominik Langlois
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